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    Je me suis senti si seul à l'époque: au lancement de ce blog et les années suivantes. Seul à réagir contre les balbutiements de l'histoire de la pop music. Seul à réagir contre le manque d'innovation, le virus du mimétisme, de la copie, du retour en arrière. Peu étaient ceux de mes interlocuteurs qui entraient en résonnance avec mon discours. Alors là, à l'aube de 2014 je me sens bien. J'ai trouvé mon âme soeur: Simon Reynolds, auteur d'un ouvrage archi-documenté, au titre évocateur: "Rétromania". Il y est question de ce qui me taraude depuis un bout de temps. Il le dit lui-même: en tant que critique musical et collectionneur il participe pleinement à l'engouement généralisé et systématique pour les archives et les âges d'or de la musique. Et il note en particulier un trait essentiel et symptomatique apparu au tournant des années 2000: des artistes se mettent à sonner exactement comme à l'époque, non plus seulement s'inspirer de. Exemple: Amy Winehouse, qui rejoue le film de la soul, ou pourquoi pas Pete Doherty et ses Babyshambles qui réssucitent les Kinks... Exemples qui datent mais plus récemment: Lescop qui se prend pour Etienne Daho. Avant la critique conspuait Lenny Kravitz pour ces mêmes raisons, maintenant les copieurs deviennent les génies du présents... Preuve que le rétropédalage fait maintenant partie de nos moeurs.

 

    Je suis dans le même bateau avec mes petits pastiches depuis des années. Je le sais, je l'assume. Je vis avec mon époque, c'est-à-dire que je vis dans le passé. Comment l'expliquer et comment en sortir ? C'est tout le sujet du livre.

 

    Comme c'est passionnant ! Et voilà ma nouvelle bible entre mes mains. Ca fait du bien.